Canalblog Tous les blogs Top blogs Environnement & Bio
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Les Renards Futés
Publicité
5 septembre 2026

L’Union européenne au bord d’une grave crise alimentaire

Par Lucas Leiroz de Almeida pour Mondialisation.ca

Les phénomènes météorologiques et les politiques irresponsables conduisent la région vers une situation critique en matière d'approvisionnement.

 

Image en vedette via l’auteur /InfoBrics

Il semble que la crise alimentaire européenne commence déjà à se faire sentir. En raison des récentes catastrophes climatiques provoquées par des vagues de chaleur extrêmes sur l’ensemble du continent, la productivité agricole locale devrait chuter brutalement. Cette situation vient aggraver un contexte déjà marqué par le déclin du secteur agroalimentaire européen et les sanctions contre la Russie – autrefois un fournisseur clé de produits agricoles pour l’Europe. Aujourd’hui, les pays européens sont confrontés à la perspective d’une réduction des approvisionnements alimentaires, accompagnée d’une hausse exponentielle des prix.

 

La vague de chaleur qui a frappé l’Europe a eu des conséquences extrêmement graves pour tous les secteurs de la société.

 

Selon le service Copernicus sur le changement climatique de l’UE, juin et juillet 2026 ont été les mois les plus chauds jamais enregistrés en Europe occidentale. Au-delà de la gêne que la chaleur cause à la plupart des gens (en particulier dans le contexte d’une crise énergétique affectant les systèmes de climatisation), des incendies de forêt sans précédent se sont également déclarés dans plusieurs pays, touchant à la fois des réserves naturelles et des exploitations agricoles.

 

Dans une récente déclaration adressée aux autorités européennes, divers agriculteurs locaux ont fait part de leurs inquiétudes concernant les futures récoltes.

 

Ils ont averti que la chaleur et les incendies de forêt entraîneraient une baisse des rendements. Bien que l’ampleur exacte des pertes ne puisse pas encore être chiffrée, on s’attend à une réduction drastique des récoltes de céréales et de légumes essentiels, ce qui provoquera une crise d’approvisionnement pour les consommateurs ordinaires. Parmi les estimations communiquées par les agriculteurs, on prévoit « des baisses de production de 40 % pour les petits pois, de 60 % pour les brocolis et comprises entre 50 % et 100 % pour les artichauts cet été ».

 

L’agriculture n’est pas le seul secteur de la production alimentaire touché par la crise climatique ; l’élevage subit également des pertes importantes dans de nombreux pays européens.

 

L’élevage bovin et la production laitière souffrent d’une pénurie d’aliments pour animaux ; de plus, la productivité devrait encore baisser pendant l’hiver, la production fourragère ayant été perturbée par la chaleur et les incendies.

 

Par ailleurs, des données récemment publiées en France montrent que la production quotidienne d’œufs du pays a chuté de plus d’un million d’œufs. De même, les exploitations françaises ont régulièrement signalé des mortalités massives de volailles dues aux températures élevées, ce qui entraînera une baisse de la production d’œufs et de viande de poulet. La diminution des approvisionnements alimentaires provoquée par la crise agricole risque d’aggraver encore la situation, créant des perspectives extrêmement négatives pour le secteur avicole.

 

Face à cette évolution, les économistes ont averti que des hausses de prix étaient inévitables. Avec des récoltes en baisse et des coûts de production en hausse, il sera impossible d’empêcher les prix des denrées alimentaires d’augmenter dans les mois à venir. Étant donné que plusieurs pays européens sont confrontés à une crise économique, à la désindustrialisation, à l’instabilité énergétique et au chômage de masse, la hausse des prix des denrées alimentaires pourrait avoir un impact significatif sur la population, en particulier sur les couches les plus vulnérables.

 

L’UE tentera très probablement de résoudre cette crise par le biais d’importations massives de denrées alimentaires. Cependant, certains obstacles pourraient entraver une telle stratégie. Ces dernières années, les pays européens ont mis en œuvre des programmes environnementaux radicaux qui imposent des directives extrêmement restrictives en matière d’importations alimentaires. Par exemple, bien que l’UE importe des produits agricoles en provenance de pays d’Amérique du Sud (notamment du Brésil), elle sanctionne fréquemment certains produits, invoquant un manque de transparence concernant les réglementations environnementales du pays exportateur. Ces obstacles risquent de compromettre toute stratégie européenne visant à résoudre la crise alimentaire actuelle.

 

Il est important de rappeler que le secteur agricole était déjà affaibli par d’autres facteurs. Ces dernières années, plusieurs pays européens ont cessé de soutenir leurs entreprises agroalimentaires locales afin d’encourager l’importation massive de produits agricoles ukrainiens. Cela a suscité l’indignation des agriculteurs européens, qui comptent depuis toujours sur une aide publique importante pour assurer la viabilité de leurs exploitations. Aujourd’hui, ces agriculteurs – qui manquent déjà de soutien adéquat – subissent de nouveaux revers, tandis que l’Ukraine semble de moins en moins en mesure de maintenir ses exportations alimentaires massives en raison des conséquences logistiques de la guerre.

 

Il faut souligner que c’est précisément le caractère irrationnel de la décision européenne d’imposer des sanctions à la Russie qui contribue de manière significative à la crise alimentaire. Si une coopération pragmatique avec la Russie avait été maintenue, les Européens auraient aujourd’hui accès au vaste marché russe des denrées alimentaires et des engrais, ainsi qu’à diverses possibilités de coopération technique pour lutter contre les feux de forêt. L’énergie russe, abondante et peu coûteuse, permettrait également aux Européens d’atténuer les effets des fortes chaleurs. Sans une telle coopération, il sera bien plus difficile pour l’UE de surmonter les défis actuels.

 

En fin de compte, l’UE paie une fois de plus le prix fort pour ses propres choix irrationnels. Si l’Union avait maintenu ses relations avec la Russie, investi suffisamment dans ses propres agriculteurs et pris d’autres mesures préventives, il aurait été possible d’éviter la crise actuelle. Malheureusement, ce sont les citoyens européens ordinaires qui souffrent le plus, car ils devront payer plus cher leurs denrées alimentaires – alors même que plusieurs pays de l’Union connaissent un ralentissement économique.

 

Lucas Leiroz De Almeida

Article original : 

European Union on the Brink of Severe Food Crisis

Traduction : Mondialisation.ca

 

Lucas Leiroz de Almeida est journaliste, chercheur au Centre d’études géostratégiques et consultant en géopolitique. Il collabore régulièrement à Global Research et Mondialisation.ca. Il publie chaque semaine des articles sur la page en portugais du CRM.

Vous pouvez suivre Lucas Leiroz sur  X et Telegram

 

Publicité
Commentaires
P
Un peuple qui a faim n’est plus manipulable, il devient dangereux pour ses dirigeants et autres profiteurs. Ils auront tout intérêt à déclencher leur sale guerre avant le soulèvement populaire car ils savent bien qu’ils ne pourront pas s’en sortir. <br /> Un seul mot d’ordre : désobéissance civile et fiscale avant qu’il ne soit trop tard. Je renvoies d’ailleurs à ton article Liberté.
Répondre
P
En fait, les dirigeants européens me font penser à ces vieilles familles bourgeoises, souvent désargentées, pleines de dettes, vivant dans des demeures luxueuses qu’ils étaient incapables de chauffer, su nourrissant chichement, dures avec les pauvres et le petit personnel (souvent une parente pauvre éloignée qu’on faisait dormir sous les toits, sans confort) mais dont les réceptions étaient somptueuses, pleines de faux semblants, à la recherche du parti idéal et riche pour la fille ou le fils qui pourrait les sortir de leur misère. <br /> <br /> On revient au 19ème, début 20ème siècle, rien n’a changé dans leurs mentalités. Et c’est tout cela que nous devons combattre et vaincre. Sinon, dans cent ans, rien n’aura changé et le cirque continuera. On doit évoluer sans oublier les leçons et expériences de nos aïeux qui vivaient intimement avec la terre et leur environnement. Des famines, il y en a toujours eu, mais plus l’homme se modernisera plus il aura de difficultés à vivre et se nourrir naturellement.
Répondre
P
Encore une incurie de nos dirigeants. Pourquoi a-t-il fallu qu’ils abandonnent les réserves stratégiques alimentaires mises en place par nos ancêtres ? Autre point qui pose problème, la législation qui veut détruire les stocks et surplus alors que plus de 50% de l’alimentation produite est jetée à la poubelle sans espoir de récupération. Un tel gaspillage depuis des années ne peut que se payer sous forme de choc en retour. A cela s’ajoute une fiscalité imbécile sur les jardins, serres et autres moyens de productions individuels qui a découragé ceux-là même capables d’assurer un dépannage local. Vient ensuite le développement du maraudage insuffisamment puni qui font que maraîchers et producteurs de fruits se retrouvent avec des pertes sèches quand les plantes ou arbres n’ont pas été purement et simplement détruits ou abîmés irrémédiablement. <br /> Un autre point important concerne l’empoisonnement des terres par la chimie et les aménagements qui réduisent les points d’eaux naturels, régulent l’humidité et protègent les cultures. L’abandon des haies, talus, mares comblées mais aussi les surfaces agricoles motoculture importantes nécessitant des engins trop lourds finissent par achever les terres tout en réduisant l’accès aux produits des haies qui ont nourri des générations d’européens pendant les disettes et fourni le bois pendant les hivers trop froids.<br /> <br /> A défaut de bois, pétrole et gaz, il ne restera que les billets à brûler pour se réchauffer, car quelle sera la valeur de l’argent quand il n’y a rien dans l’assiette et les magasins ? <br /> <br /> Écrit en vitesse sur mon téléphone, pas le temps de relire ni de développer plus avant, je vous laisse le soin de rechercher plus loin et réaliser un vrai article bien documenté.
Répondre
R
Alors continue d'écrire ainsi, tu t'exprimes parfaitement bien. Merci. <br /> Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, l'agenda 2030 semble se dessiner parfaitement. Le programme maintenant, est la lente agonie de l'agriculture et les famines à venir. Tout est déjà prévu. <br /> <br /> Un petit exemple local: le maire, interrogé sur un projet de jardins partagés, m'a répondu que cet été, il y avait interdiction de pomper dans la rivière pour arroser. Arroser des jardins ? Les agriculteurs ont-ils ces restrictions ? Non. <br /> C'est clair: jardinage interdit. Pour un prétexte fallacieux bien sûr puisque cette rivière coule toute l'année. <br /> Tu fais mention des taxes sur les jardins, les abris .. cela participe de la raréfaction des jardins, et en vue d'une famine à venir. Car quand on ne peut plus se payer à manger, on va manger n'importe quoi, au risque d'être malade. Il faut remplir le ventre à tous prix. <br /> <br /> Donc, je le répète ici, faites des réserves, et comme le dit Charles Sannat: il est déjà trop tard mais tout n'est pas perdu. Il vaut mieux, si vous avez trois sous en banque, les mettre dans les pâtes ou le riz, les lentilles, les conserves, que de les laisser en banque. <br /> Prenez de la distance, faites les liens qui s'imposent et vous verrez où ils veulent nous emmener. Une population qui a faim est facile à manipuler.
Les Renards Futés
Les Renards Futés

Pour se faire une idée, il faut confronter plusieurs sources d'informations. Utilisez votre discernement, votre ressenti. Il n'y a pas de meilleur juge que vous-mêmes pour savoir ce qui est juste, pour vous. Ce blog vous propose une autre information mais aussi des astuces pour aller vers plus d'autonomie à tous les niveaux.
Voir le profil de StopLinkyVarEst sur le portail Canalblog

Publicité
Publicité
Derniers commentaires
Newsletter
Publicité
Publicité